Fort Michillimakinac était un
poste de traite en
Nouvelle-France dans les Pays d’en Haut. Trois sites en tout reçurent l’appellation Fort Michillimakinac, deux sous le régime français, un autre sous le régime britannique. Aujourd’hui, les deux derniers sites ont été convertis en musée ouvert au public.
Fondé en
1681 par les Français sur la rive nord du détroit Mackinac («Mackinac straits» en anglais) entre les lacs
Michigan et
Huron, le poste avait d’abord et avant tout une vocation commerciale. L’établissement avait aussi pour but de protéger la mission de Saint-Ignacius Loyola fondée par le
Père Marquette en
1671. Sa dépouille fut inhumée à cet endroit.
Après l’effondrement du marché des pelleteries en France à la fin du XVIIe siècle (pour avoir surchargé les marchés de la métropole), le Ministère de la Marine décida de fermer les comptoirs dans les Pays d’en Haut et certains autres au Pays des Illinois dont le Fort Buade malgré les pressions intenses des autorités coloniales au Canada. En 1701, Antoine de Lamothe-Cadillac sous l’autorité du ministère ferma le poste et ramena la garnison militaire avec lui au Fort Pontchartrain qu’il vint d’ériger. La mission subit le même sort.
Deuxième emplacement
La seconde forteresse fut fondée sur la pointe sud du même détroit en
1715, déjà occupée depuis
1673. Fort Michillimakinac accueillit même quelques familles de colons canadiens établies autour des remparts. Durant le restant du régime français, ce comptoir demeura une plaque tournante du commerce des pelleteries dans les Pays d’en Haut malgré l’extinction des
coureurs des bois et leur remplacement par les voyageurs. Cela dit, le fort du détroit, Fort Pontchartrain, eut, et ce depuis la fermeture de 1701, une influence politique plus remarquable et une population coloniale plus importante. Par le Traité de Paris de
1763, la forteresse fut cédée à la
Grande-Bretagne alors que la garnison française avait du abandonner les combats en
1760. Après la cession,
Pontiac orchestra l’attaque coordonnée des places fortes des Pays d’en haut maintenant occupées par les Britanniques. Les
Amérindiens s’emparèrent du fort et massacrèrent les militaires et la population civile avant de le restituer l’année suivante. Un village établit tout près du site du fort prit forme en
1857, reprenant le même nominatif que la base militaire qu’on avait maintenant rasée. Le nom de la bourgade américaine fut réduit à Mackinaw en
1894.
Au tournant des
Années 1780, les forces militaires britanniques déménagèrent sur l’île de Mackinac, jugeant l’emplacement précédent inadéquat. La Révolution américaine avait débutée quatre années plus tôt et la relocalisation permettait de contrôler l’accès au Grands lacs avec une meilleure efficacité. L’indépendance américaine acquise en
1783, les Britanniques continuèrent d’occuper la forteresse jusqu’à ce qu’un accord officialise la cession à la jeune république dans la décennie qui suivit.
Au XXe siècle, les sites furent l’objet d’une fouille archéologique qui permit la restauration des deux derniers établissements (à Mackinaw et sur l’île de Mackinac). Le premier site étant maintenant occupé par la municipalité de Saint-Ignace dans l’état du Michigan
Liens Internes
- Liste des forts de la Nouvelle-France
Bibliographie
- «Mackinaw City». Encyclopædia Britannica. 2006. Encyclopædia Britannica 2006 Ultimate Reference Suite DVD 5 Nov. 2006 .